Tapis anciens persans, caucasiens, anatoliens

Fruits de réalisations tribales, villageoises et académiques, les tapis anciens ont de plus en plus d'intérêts pour beaucoup d'amateurs. Ils sont l'expression d'un art ancestral qui influence et inspire encore de nos jours des œuvres majeures ou plus modestes. Le côté folklorique, rustique et primitif des tapis de tribus et villageois montre une grande humanité alors que les tapis académiques et d'ateliers impressionnent par leur finesse et leur complexité de réalisation. De plus en plus rares, ces 'œuvres' reflètent la fin d'une époque.

Bakthiar chalamzar 2,15 x 1,32 m
Bakthiar chalamzar 2,15 x 1,32 m

Bakthiar chalamzar (ou shalamzar) : 2,15 x 1,32 m  Nouvel arrivage

 Vendu

Tapis iranien laine, chaîne et trame coton, 1920-1930.

Les bordures et les points d'arrêt ont été restaurés. Bon état. Usures d'usage. Belle patine.

 

Chalamzar au décor de jardin ou de quatre saisons se composant de zoomorphes d'oiseaux, d'arbres et de fleurs dans un style naïf mais qui n'est pas moins élégant. Deux petites bordures 'aleh abassi' (bordure tulipes) entourent la bordure principale.

 

Situés à l’ouest de l’Iran dans la région du Chahar Mahal où vivent des populations d’origine « bakthiari » de souche lur, les bakthiars reprennent des motifs traditionnels « jardins » ou « 4 saisons » qui datent de l’époque séfévide, mais aussi des tapis à médaillon. Les réalisations majeures des bakhtiaris regroupent les villages de Shahre Kord, Shalamzar, Tchalechotor, Sarman, Armenibaft ainsi que Faradoumbé avec le motif göl farang.


Reflet d'un artisanat local, c'est à partir de la seconde moitié du XIXe siècle que beaucoup de dessins et de motifs de tapis furent élaborés en s'inspirant le plus souvent de réalisations antérieures.
Ces créations témoignent d'un savoir-faire ancestral transmis de génération en génération.

 

Khamseh 1,44 x 1,22 m  1860-70
Khamseh 1,44 x 1,22 m 1860-70

Khamseh : 1,44 x 1,22 m

Tapis de la région de Fars, sud-ouest de l'Iran, laine, 1860-70. Usures régulières sur l'ensemble du tapis. Ce tapis a été restauré au fil du temps.

A noter : De part et d'autre du tapis, côtés franges, les bordures ont été réduites ou ont disparu au fil du temps. Points d'arrêts restaurés dans notre atelier.

 

Le nom de khamseh correspond à une confédération de cinq tribus nomades qui vivaient au sud-ouest de l'Iran. Cette confédération s'est formée à partir de la moitié du XIX siècle pour s'opposer aux gashghaïs.

 

Khamseh signifie "confédération des cinq". Khamsa ou khomsa voulant dire "cinq" en arabe. En Afrique du nord, khamsa est un talisman symbole d'une main protectrice.

 

En raison de la diversité des groupes ethniques constituant la confédération khamseh, on trouve des motifs variés: médaillons, hexagones, botehs, ...

Ce tapis d'un autre temps, nous rappelle les tapis afshars par son graphisme (losanges). Une bordure au motifs de botehs sur fond beige est entourée de deux bordures aux motifs de 'S'.

 

Le motif 'boteh' : Motif ancien ayant différentes significations. Il peut représenter la transformation de Zoroastre en cyprés, symbole de l'éternité, mais aussi en goutte d'eau, en palme, en arbre. Le terme boteh signifie "buisson fleuri" en persan. Il existe une similitude avec le yin et le yang.

Le motif 'S' représente à l'origine un dragon bicéphale que l'on pouvait observer sur des bronzes anciens perses, chinois et celtes.

Boukhara  1,60 x 1,00 m
Boukhara 1,60 x 1,00 m

Boukhara : 1,60 x 1,00 m    Nouvel arrivage

 

Tapis laine, fils de chaîne et trame laine, fin XIX - début XX. État d'usage.

 

Authentique boukhara tekké au motif intemporel "pied d'éléphant". Les bordures et les points d'arrêt ont été restaurés dans la tradition. Usures d'usage sur l'ensemble du tapis. Belle patine.

 

Située sur la route de la soie, la ville de Boukhara est un centre important de collecte de tapis comprenant les tribus turkmènes et ouzbeks comme les tékkés, salors, yomouths, béchir.

 

De nos jours, sous cette appellation, est réuni un nombre de pièces réalisées par les tribus du vaste territoire qui entoure cette ville.

 

Un dessin intemporel  se composant du motif gül est significatif de cette production. Disposés en rangées, ces dessins sont reliés les uns aux autres par des croix ou des lignes. Les bordures sont nombreuses, ce qui permet d'équilibrer le tapis. Les boukharas sont des tapis serrés, sur fond rouge, avec des touches de safran, bleu indigo, beige. Malgré leur finesse, les boukharas sont très résistants.

A noter: le motif gül est appelé « pied d’éléphant ».

 

Le nom de Boukhara désigne également des tapis ornés de gül allant du  nord-est de l’Iran (tribu du Khorasan) à l’ouest de l’Afghanistan (beloutche).

Une appellation pakistanaise désigne une production de tapis reprenant  ce motif, sans en égaler la qualité.

 

Bidjar 1,67 x 1,16 m début XX
Bidjar 1,67 x 1,16 m début XX

Bidjar : 1,67 x 1,16 m    Vendu

 

Tapis iranien laine, début XX. Usures d'usage. Belle patine. Rare.

 

La ville de Bidjar est située dans le Kurdistan iranien (ouest de l’Iran). Les bidjars sont tenus en haute estime, en raison de leur grande robustesse et leur résistance à l’usure. Ce sont des tapis appréciés par les amateurs en raison de leur authenticité et de leur charme typiquement persan. 

 

Les tapis de bidjar et des villages des alentours sont réalisés avec le noeud turkbaff et sont réputés pour leur grande résistance à l'usure. Un bidjar traditionnel a de 3 à 5 rangées de fils de trame. De plus, la qualité de la laine et le tissage font que ces tapis sont pratiquement indestructibles. On les appelle "tapis de fer".

 

Élégant bidjar dans des teintes orangées et cuivrées se composant dans son champ du motif 'mahi' (losange). Tout autour, deux petites bordures hérati (fleurs) entourent une bordure plus importante au motif de boteh. On retrouve ce motif dans les écoinçons et le médaillon central.

Boteh : Motif ancien ayant différentes significations. Il peut représenter la transformation de Zoroastre en cyprès, symbole de l'éternité, mais aussi en goutte d'eau, en palme, en arbre. Le terme boteh signifie "buisson fleuri" en persan. Il existe une similitude avec le yin et le yang.

Azerbaïdjan iranien fin XIX -  1,17 x 1,00 m
Azerbaïdjan iranien fin XIX - 1,17 x 1,00 m

Azerbaïdjan : 1,17 x 1,00 m   Vendu

 

Tapis de l'Azerbaïdjan iranien, laine kurk, fin XIX. Rare.

Restaurations au fil du temps et usures d'usage.

 

Étonnant graphisme pour ce tapis qui a gardé ses couleurs d'origine prouvant la qualité des teintures.

Ce tapis de format zarsharak, en laine kurk (laine fine d'agneaux) est probablement de la région de Hériz où étaient réalisés des tapis de petits formats, aux motifs géométriques avec de la laine locale et ceci pour des réalisations antérieures au XX siècle. A partir du début du XX, avec l'implantation de commerçants venus de Tabriz, les formats des hérizs devinrent beaucoup plus grands.

 

Paire de saroughs début XX
Paire de saroughs début XX

Paire de sarough : 1,95 x 1,33 m / 1,95 x 1,37 m Vendu

 

Tapis iraniens de la région d'Arak, laine kurk, début XXème.

 

Usures régulières sur l'ensemble des tapis. Restaurations des points d'arrêt et nettoyages réalisés. Dans son jus.

 

Beaux saroughs aux motifs académiques s'inspirant par leurs médaillons, leurs écoinçons et leurs bordures de réalisations antérieures comme les kashans. Il est rare de trouver une paire dans les formats 'dozars'.

 

Kashan  1,85 x 1,30 m   fin XIX
Kashan 1,85 x 1,30 m fin XIX

Kashan Motashem 1,85 x 1,30 m

 

Tapis iranien entièrement en soie, vers 1880. Exceptionnel

 

Tapis se composant d'un mihrab et d'un décor de vase avec des fleurs. De chaque côté du vase, se trouve un oiseau sur un socle. Deux colonnes soutiennent le mihrab. Le champ du tapis est mis en valeur par des bordures samovari. Marques d'usures sur l'ensemble du tapis.

 

Motashem (Motachem ou Moshtashan) :

Le nom de Motashem fait référence à un illustre Maître tisserand (Ustad) de Kashan dont l'atelier réalisa des tapis d'une qualité, d'une finesse et de dessins exceptionnels.

Motashem était réputé pour l'élégance de ses cartons de tapis d'un grand raffinement et d'une grande richesse.

Le terme kashan Motachem désigne les plus fins tapis de Kashan.

 

Ville du centre de l'Iran, la réalisation des tapis de Kashan débuta durant la dynastie des Séfévides (1502-1736) précisément sous le règne de Shah Abbas (1588-1629).

 

Voulant développer l'art en Perse, Shah Abbas créa des écoles afin de former des Ustads (maîtres dessinateurs tisserands). Ces derniers réalisèrent des 'cartons' de tapis. Les dessins se composaient de motifs à médaillons, de scènes de chasses, de ramages de  fleurs, d'arbres, de jardins, de mihrabs mais aussi de mosaïques.

Les créations majeures de tapis furent réalisées dans les villes de Kahan, Tabriz et Ispahan. Le tapis devint académique.

 

Déjà, sous les Séfévides, les tapis de Kashan, étaient réputés.

 

Après des périodes troubles, au XVIII siècle, Kashan renoua avec l'art du tapis. Les réalisations de la fin du XIX siècle et du début du XX sont considérées comme majeures aussi bien en laine kurk qu'en soie (kurk : laine prélevée par peignage sur les agneaux).

 

Format ghalitché :

Le ghalitché est un terme employé pour des tapis d'une grande finesse.

L'appellation dozar est la plus courante pour les tapis de dimensions de 2,00 x 1,30 m .

Le zar est une unité de mesure persane correspondant à 1,06 m.

Le dozar correspond à 2 fois le zar.

Nous avons contacté le musée du tapis de Téhéran en avril 2016 afin qu'il nous donne un avis. La conservatrice du musée a eu la gentillesse de nous répondre.

 

Musée du Tapis de Téhéran
19/04/16
سلام
ع کس ف رش شما ر س ید آن چه از ع کس ب ه ن ظر م یر سد ف رش م ت ع لق ب ه شهر ک ا شان می ب ا شد و
ت ارب خ آن ب ه اوا سط دوران ق اجار می ر سد
ف رش ب ا ارزش و جزو ک ارهای موزه ای ا ست اگ رچه ب ه ن ظر م یر سد ب ه مرور زمان ک می ک ج و ن ا صاف
شده و از ل حاظ رنگ ن ا هماهن گی ب ه وجود آمده ا ست
اما آن چه ق اب ل ذک ر ا ست هرگ ز ن می ت وان از روی ع کس ن ظر ق ط عی داد و ف رش را ب ای د از ن زدی ک دی د
و ب رر سی ن مود
ب ا س پاس

 

Traduction française

Bonjour,
En se basant sur la photo reçue il nous semble que le tapis est un Kachan du milieu de la période Qadjar. C'est un précieux tapis de musée, malgré les irrégularités et les couleurs passées dû à l'usage et au passage du temps. Mais il faut ajouter que l'on ne peut jamais donner un avis définitif sur un tapis en se basant uniquement sur ces photos, sans le voir et l'examiner de près. Cordialement.

Sarouk  1,43 x 1,08 m
Sarouk 1,43 x 1,08 m

Sarouk : 1,43 x 1,08 m   Vendu

 

Tapis iranien de la région d'Arak, laine kurk, début XXème. Bon état.

Usures régulières sur l'ensemble du tapis.

 

Élégant tapis aux motifs floraux. La bordure principale plus foncée met en valeur le champ du tapis aux couleurs plus tendres. Belle patine due au temps.  

Ce sarouk montre le travail raffiné et la sensibilité des tisserands persans.

 

La couleur dite "dughi" est une couleur rose saumonée typique des sarouks des années 1920. Les sarouks dits " sarouks américains", étaient exportés aux USA pour la demande américaine. Les rameaux de fleurs sont typiques des sarouks.